Et voilà, on change à nouveau de culture et me voilà arrivé à Kolkata, anciennement Calcutta, capitale des Indes britanniques. Les premiers mètres et on ne s'y trompe pas. Le petit hochement de tête et c'est parti direction le centre. Chaotiques comme partout dans le pays, les routes pour aller au centre de Kolkata sont pleines d'activité et de vie, ça grouille. Arrivé à l'hôtel, réflexe internet après avoir été coupé du monde pendant 3 semaines et petite ballade autour du quartier. Les choses ont changé depuis les attentats me dit-on. D'ailleurs pour ouvrir un compte internet dans n'importe quel café internet, il faut une empreinte digitale, passeport et compagnie. Mon hôtel est miteux, à peine plus de 2 euros en même temps, faut pas s'étonner. Le lendemain je pars pour le consulat bangladi en rickshaw. Mais pas n'importe lequel, l'original, pas celui qui a un moteur, et pas celui qui ressemble à un cyclopousse, celui tiré par un gars. Impressionant. Au début, l'idée n'est pas très séduisante mais après tout, ça lui paiera un bon repas... Il a donc évité les grands axes pour éviter de nous faire écraser et du coup on a visité les petits quartiers pas très fréquentés des touristes. A l'arrivée, le consulat est fermé, pas de chance c'est férié. Je remercie donc mon rickshaw, le paye du double convenu pour la sueur versée sur son front et je pars à l'aventure tout seul me balader dans les quartiers de Kolkata.

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La ville est vraiment belle avec des bâtiments coloniaux massifs, impressionnants et très photogéniques eu égard à leur état fortement avancé de décomposition lié au climat. Les gens aussi sont sympas. Un peu moins qu'à Chennai (Madras) mais je réussis quand même à discuter avec pleins de mecs de la classe moyenne bossant pour Vodafone au service d'aide aux particuliers britanniques. On discute, on boit le thé, on joue aux cartes, on parles des filles. Bonne première impression. Par contre c'est crade, comment j'ai fait pour oublier que c'était si crade. J'ai aussi visité le temple le plus vénéré de Kolkata, le Temple de Kali. Très joli mais un peu gore... Ils égorgent 20 chèvres par jour et plusieurs centaines pendant la fête du temple... La moiteur y régnant s'explique. A côté se trouve le dispensaire de Mère Thérèsa. Et l'acceuil est plutôt mauvais. Même les bénévoles occidentaux te regardent de haut. La Mère Supérieure avec qui j'essaye m'entretenir me réponds sur un ton aigre et absolument inintéressé. Tant pis.

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Troisième jour, je réessaye le consulat du Bangladesh et je m'y rends cette fois en taco. Succès, je laisse mon passeport et je suis invité à venir le matin même pour un entretien. En attendant je rencontre Aaron, un Taiwanais sympa mais d'une naïveté... J'ai jamais vu ça. C'est la première fois qu'il voyage dans un pays en développement et c'est la première fois qu'il voyage seul. Il s'est déjà fait piquer son portable, racketter, mais rien ne l'arrête, il veut visiter (en 15 jours) l'Inde, le Bangladesh et le Népal. OK. On passe donc la journée ensemble à visiter les rues, c'est aussi la première fois qu'il mange dans la rue, avec moi. Je lui montre l'hôtel où je dors, il est surpris mais accepte d'y dormir, en attendant d'aller à Dhaka.

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Le soir je me rends au Victoria Memorial, un bâtiment impressionnant, massif, élégant et le coucher de soleil est rougeoyant. Depuis le début de l'après-midi on s'est même trouvé un pote, Harry, un petit Indien qui veut pratiquer son anglais. Quatrième jour, déjà, on décide d'aller cette fois au temple où Ramakrishna a rélisé un parcours très intéressant d'illumination au XIXè siècle qui prône l'union de toutes les religions. On visite donc le temple qu'il a construit, prions devant ses cendres et ensuite nous prenons une barque pendant 20 minutes pour rejoindre le temple où il avait l'habitude de prier. C'est joli et le fleuve est très vénéré avec pleins de gens dans l'eau, qui se lavent, se brossent les dents, nagent, etc. On mange local et on continue à se balader. Après avoir visité encore un temple Jain on rentre en métro et qui je vois pas, à l'autre bout de la ville, un des types qui bosse pour Vodafone. C'est marrant de retrouver des gens qu'on "connaît" dans une ville de 14 millions d'habitants, non? Bref, on part pour le consulat, on attend 2 heures et j'obtiens mon visa, 14 jours, pas beaucoup. Et Aaron, visa refusé. Pas de chance décidément... Le pauvre bougre, dépis, décide de rentrer à Mumbai pour prendre son vol retour plus tôt. Cela aurait été trop pour lui, Il veut du 5 étoiles et des gens gentils. Je le comprends un peu mais je suis quand même content de partir pour le Bangladesh demain.