Ahhh, enfin le Bangladesh, la découverte d'un pays très peu visité, dont on entend souvent parler mais pas vraiment en bien, pas vraiment en mal non plus en même temps. Pays jeune dont l'indépendance a été obtenue en 1971, le Bangladesh est le pays le plus densément peuplé au Monde, et ça du monde il y en a... La pays a aussi banni les véhicules diesel et les sacs plastiques. Le bus partant de Calcutta est prévu à 5 heures, et par chance il est à l'heure. Arrivée à la frontière à 8h, passage sans difficultés et me voilà arrivé dans le pays. Mais pas à Dhaka.... Le voyage aura duré 15 heures avec un seul arrêt pour manger et une traversée en ferry des plus intéressantes. Je me suis accroché à ma vessie.... En route j'ai rencontré un couple de jeunes Américains qui vit à Bénares depuis 6 mois. Curieux je leur demande ce qu'ils font là-bas, s'ils sont étudiants, "nous étudions l'amour, méditons et lisons", whouah... OK donc vous chillez quoi, rien de plus, vous avez trouver un plan location pas cher et vous chillez toute la journée. En fait ils sont très sympas et gardent un minimum les pieds sur terre même si le syndrome bisounours américain est ici exacerbé au possible avec leur vision de l'amour partout ("this is A-mazing, cool, etc.). Nous prenons le même hôtel et visitons la ville le lendemain.

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Christian et Rita sont émerveillés par la ville. On nous dit que c'est férié et calme aujourd'hui. Pourtant qu'est ce qu'il y a comme monde. Dingo. Les gens sont sympas, crient "hello" à tue-tête, te demande d'où tu viens, restent avec toi pendant longtemps. Le touriste est une vraie attraction dans les bazars. On visite ainsi la ville et nous rencontrons entre autre Tipu, un Bangladi vendeur de cigarettes qui nous aura invité à déjeuner dans un de ses restaurants préférés. On visite Nazira Bazaar, la Mosquée Sitara, des ruines d'un ancien Palais, un temple Hindu et nous invitons à notre tour Tipu à dîner. Après manger nous partons en rickshaw (cyclopousse ici) à l'Université pour une petite ballade. Les routes sont difficiles à traverser et personne s'arrête. Il y a des feux rouges mais tout le monde s'en moque. Le retour en rickshaw est super sport avec des passages dans tous les coins et recoins de la ville. Il fait chaud. Les camions crachent une fumée noire et les bus nous doublent de si près que le rickshaw tremble. Bonne première journée, bonnes premières impressions. Nous faisons nos permis le lendemain pour visiter les tribus à l'est du côté du Myanmar et ce sera tout. Malade toute la journée.... Le troisième jour j'arrive à sortir de ma torpeur pour aller visiter les bords du fleuve et voir un peu d'activité.

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Les gens sont toujours aussi sympas et cette fois c'est un jour de semaine, donc encore plus de monde, de trafic, de pollution. La balade sur le fleuve est assez marrante et on est tout petit de notre barque face aux mastodontes à côté de nous. Nous saluons les gens et nous débarquons près du Palais Rose. La visite se fait sous la chaleur de midi et c'est à la limite de l'insolation et du supportable. Nous allons ensuite sur Hindu Street à Shankharia Bazaar. C'est pleins de couleurs dans tous les sens, c'est plein de gens partout, il fait encore plus chaud qu'hier. Nous récupérons nos billets de bus et de bateau et rejoignons Tipu. Il nous a invité à dîner. Nous partons donc en rickshaw et arrivons dans une sorte de quartier populaire, assez riche. D'ailleurs nous nous arrêtons au supermarché et là... Comme à la maison, avec des produits comme la vache qui rit. Marrant. Nous allons ensuite chez lui et nous prépare à manger. Une cuisine très bonne mais mon estomac est encore fragile. Après quelques photos, on s'échange nos adresses et nous nous disons au revoir. Tipu a vraiment été un type en or et fait fait intégralement partie de ce voyage. Je le reverrai avant de prendre le bateau. Nous rentrons sur les routes embouteillées et prenons des forces, je ne suis plus le seul à être malade.

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La journée de trajet pour aller à Bandarban dans les Hill Tracts est super tranquille pour la première partie avec du train en première classe, air conditionné et repas. La deuxième partie est très sport avec du bus local, du tuktuk pour aller à la gare des bus à l'autre bout de la ville et une chaleur écrasante. Mais y a-t-il un endroit où il fait moins chaud? A se demander... Au poste militaire, on prie pour qu'ils aient reçu nos demandes de laisser-passer. Et non.... Mais on arrive quand même à passer, ils sont trop contents de voir des touristes. Le registre de passage ne montre d'ailleurs que des officiels et des travailleurs pour des ONG ou UNICEF. On arrive enfin à bon port après encore 30 minutes d'auto-rickshaw, 12 heures de trajet. Long et épuisant, surtout quand on est malade. Notre première journée à Bandarban est plutôt douce avec une visite du marché le matin et une petite ballade dans les collines l'après-midi avec retour en barque. Les gens sont encore plus curieux ici et une foule de 30-40 personnes peut se faire en 10 secondes si on s'arrête. Nous rencontrons Kein, un réfugié du Myanmar qui est là depuis plus de 20 ans, son père était politicien... Bref, ici, à Bandarban, il y a beaucoup de Birmans, beaucoup de femmes portent même le Tanaka, le maquillage traditionnel. Les visages sont aussi différents, on n'est pas loin de la frontière. Après un repas birman léger, je me couche tôt en espérant que ça ira mieux demain, 4è jour de mauvais transit et de crampes d'estomac quand même..... Le lendemain, pleins de forces et d'énergie, je pars seul sur les sentiers avec un guide visiter les villages tribaux environnants. Il y en a 4 dont le village de mon guide. Le premier village est Tripura, le deuxième est Marma, les 2 suivants sont Bohms. Les gens sont relativement ressemblants quand même si ce n'est la façon dont ils s'habillent. Il fait chaud. Ca monte et ça descend, c'est chouette. Chaque chef tribal m'invite dans sa case et m'invite à boire ou manger un petit truc. La visite du 2è fut la plus difficile avec un tord boyau fait à base de riz et un fruit appelé pomme des bois qui ressemble à de la citrouille. Le tout avalé à 11h le matin avec le sourire.... Le dernier village est celui de mon guide. On reste un peu en famille et il me raconte des histoires de son village. Le lendemain, nous partons pour Rangamati, une autre bourgade des Hilltracts.

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Cette région est vraiment particulière tant d'un point de vue humain que géographique. Les visages sont ronds avec des yeux bridés, on est plus en Asie du Sud-Est qu'en Inde. Le voyage est superbe bien qu'inconfortable (beaucoup de bosses, de passagers et de cafards...). Les paysages sont vraiment beaux et je me rends compte que c'est souvent entre 2 destinations que j'ai vu les plus beaux paysages. Ici, au Bangladesh, ce sont souvent des paysages fait de rizières à perte de vue et dans les Hill Tracts, des collines s'ajoutent à la vue. Nous passons 2 postes militaires sans encombres si ce n'est le temps passé. Seuls les étrangers sont obligés de présenter pâte blanche. Nous arrivons enfin à Rangamati le soir et le lendemain nous partons en bateau pour découvrir le lac. Nous sommes obligés d'être accompagnés par une escorte policière. Pas génial pour rencontrer des gens mais passons. La journée est agréable et se fait au fil de l'eau, des cascades sèches et de quelques tribus au milieu des rizières bordant ce lac artificiel. Notre dernier arrêt est un temple bouddhiste. En effet dans cette région du Bangladesh, beaucoup de gens sont bouddhistes et les nombreux réfugiés birmans augmentent en plus cette communauté. Mon dernier jour dans la région est plutôt calme et je profite des derniers instants partagés avec Christian et Rita au bord du lac à savourer un délicieux poisson. Mon bus est à 16h et je fais mes adieux à ces adorables beatniks que j'espère revoir à Varanasi. J'aurai passé près de 10 jours aec eux quand même.... Ma nuit à Chittagong est calme et je prends le train le lendemain pour Dhaka. Aussitôt arrivé, j'appelle mon pote Tipu et je passe l'après-midi avec lui et sa femme. Quel type super! On n'en rencontre pas tous les ours des types aussi gentil que lui. Peut-être plus souvent au Bangladesh mais en France en tout cas.... Il m'accompagne au quai le soir pour mes 24 prochaines heures de bateau et nous faisons nos adieux.

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Le bateau que je prends ce soir et demain est surnommé "the rocket". Personne ne sait pourquoi. En tout cas, ce n'est pas à cause de sa vitesse. C'est un bateau à vapeur qui vogue sur le delta du Gange et du Padmée. Il ressemble au bateau qu'on voyait sur le Mississippi au temps de Tom Sawyer et d'Huckleberry Finn. J'ai une cabine pour moi tout seul, en Première. Les critères de la Première ne sont pas internationaux cependant, cafards et autres.... Mais j'ai quand même un point d'eau et un ventilateur. Je rencontre un représentant médoc sur le bateau et me dit que c'est la première fois qu'il parle à un étranger (hors Indien). Il m'offre le thé et nous discutons vaguement. Le lendemain la journée se fait doucement au gré du Delta, au gré des arrêts dans les villages bordant le fleuve, au gré des thés servis sur le pont, au gré des discussions sur l'Occident et l'Orient. Les paysages sont beaux et j'ai même la chance de voir un dauphin Irrawady au coucher de soleil juste avant d'atteindre Mongla. J'arrive à Khulna vers 22 heures et je me pose tranquillement à l'hôtel.

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Le lendemain, dernier jour de visite au Bangladesh, je pars à Bagerhat, unique site classé par l'UNESCO. C'est une petite ville à une heure de Khulna mais il faut passer par pleins de transports locaux, donc une bonne journée de visite. Les Mosquées sont vieilles de plusieurs siècles et s'étendent sur quelques kilomètres. La plus importante possède 77 dômes et est l'un des sites les plus connus du pays. C'est la Mosquée Shait Gumbad. A mon retour, je m'arrête dans un "centre commercial" et je suis surpris par la qualité des textiles. Vraiment beau et d'une grande qualité. Je sympathise avec le vendeur et il m'invite chez lui le soir même à manger chez lui. Je rencontre ainsi sa femme qu'il a épousé par amour, et qui par conséquent a fait l'objet du rejet du mariage par les 2 familles respectives. Il gagne 30 euros par jour et ne pense qu'à quitter son pays. Je lui explique que dans mon pays ce n'est pas si simple que ça non plus, son loyer à 15 euros par mois dans un appartement plus grand que le mien, c'est peut-être mieux... Difficile....

Le lendemain, retour à Kolkata. Je prends un premier bus, 3 heures. Deuxième bus, 2 heures mais il casse, il faut changer. Ce sera une heure de plus, serré comme jamais conduit par un chauffeur de F1. Les bus sont parfaitement défoncés, non seulement parce qu'ils ont de nombreux accidents mais aussi parce que tout le monde tape dessus. Bang bang je descend, bang bang, je monte, bang bang bang qui va à Benapole, etc. Passage de frontière très bien. Auto-rickshaw pendant 30 minutes pour atteindre la gare. Train pendant 4 heures. Auto-rickshaw encore mais cette fois c'est 30 minutes de trafic, baigné par la plus merveilleuse pollution. Ouf, je suis arrivé.

Le Bangladesh apporte au voyageur une quantité de sourires et de curiosité. Peu de sites archéologiques sont facilement accessibles. C'est un pays pas facile à visiter mais très gratifiant, avec des rencontres inhabituelles.