D'abord le depart pour Port Moresby, tranquille. Le trajet entre Brisbane et Port Moresby est agremente par de superbes vues de la Grande Barriere de Corail. Le voyage a bord du Fokker 100 un peu sport mais rien compare a celui a bord du DASH 8 serie 300 a helices en direction de Goroka. Avant tout il fallait atteindre le comptoir d'enregistrement. Et comme n'importe ou dans le Monde le dernier vendredi avant Noel, c'etait un bordel sans nom. Cela manquait un peu en Australie d'apres Flo. Je pense qu'elle en a eu assez ce jour la. Dans l'avion de Brisbane nous rencontrons Falk, un Professeur de Biodiversite a l'Universite d'Alaska et tel un renard des surfaces, il s'est infiltre dans cette queue immense et grace a lui on enregistre a temps. Nous arrivons a la salle d'embarquement et la autant de monde, embarquement dans 5 minutes. Aucune annonce n'est audible mais on a Falk avec nous et une fois de plus on s'infiltre... Et hop, dans l'avion.


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Goroka est la premiere ville que nous visitons. Aussitot arrives, on prend le pouls de la ville et on se dirige vers le supermarche pour faire des provisions. Nous nous faisons bien devisages mais pas intimides. On decide quand meme de rentrer avant la nuit. Notre hote Dixon et son Tambu (beau frere) nous guide le lendemain dans la ville avec un passage par un marche tres haut en couleur. Et la un peu plus d'intimidation avec des locaux qui n'arretent pas de nous demander de les prendre en photo. Amusant au debut, cela le devient moins lorsqu'une des maraicheres nous previent que ce n'est pas tres sur ici pour des "white fellas". Ok ok, aussitot dit aussitot partis. Nous nous dirigeons donc vers le point de vue et nous rencontrons Samuel Lulu. Il nous explique qu'il est guide et que le Lonely Planet le recommande, ce qui est vrai... On lui explique notre voyage et nous dit qu'il connait un trek qui rejoint Goroka a Madang. Pourquoi pas, nous aussi on en a entendu parler. Alors hop c'est signe on est parti pour 2 jours de marche. L'apres midi nous partons pour le musee mais c'est samedi, c'est ferme. Pas grave nous disent les gens qui squattent dans le coin, on va reveiller le conservateur! Chose faite. Le musee est vraiment chouette avec des superbes pieces dont le clou du spectacle, le collier de doigts d'ennemis. Effectivement ca impressionne et cela laisse suggerer ce qu'ils ont fait du reste des ennemis... A la sortie du musee, pluie, pluie, pluie, rencontre avec d'autres locaux, blagues, tentative de parler le tok pidgin, zinedine zidane et le bus qui vient pas....


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Le lendemain nous partons avec notre guide Samuel. Ce trek c'est la premiere fois qu'il le fait avec nous. En fait c'est la premiere fois qu'il le fait tout court. Au debut on s'est dit que c'etait un attrape touriste mais d'une, quels touristes? et deux un trek dans la jungle, ca se prepare, si c'est la premiere fois qu'il le fait , mefiance... Meme pas. Au fur et a mesure de la randonnee, nous nous rendons vraiment compte qu'il ne connait personne et qu'il se presente comme un guide, qu'il y a du business a faire, etc. Notre fine equipe etait composee de son fils malheureusement aveugle d'un oeil, de ses 2 beaux freres et des rencontres faites au gre du voyage. La premiere journee a imposee le tempo et etait loin d'etre evidente. A partir de 18 heures (on est parti a 7h56 ce matin la), Benny, un des 2 beaux freres nous promet une heure de marche d'ici au village. Il nous le dira toutes les heures jusqu'a une heure du matin. On aura donc marche une quinzaine d'heure cette premiere journee avec a la cle camping sauvage dans la jungle avec nos sacs a dos comme matelas, 4 heures de sommeil (plutot legeres il faut dire), attaque de sangsues sur les jambes et rien dans le ventre. Finalement c'est a 10 heures le lendemain que nous arrivons au village et la sieste, repas local avec concombre sauvage, banane plantain et fougeres dans une sauce rouge dont on ne saura jamais le nom (ce n'etait ni la bolo ni du ketchup...) et danse (sing sing) pour nous acceuillir. Notre pote au ghettoblaster avait quand meme du Modern Talking pour faire danser les white fellas. Le 3eme jour de marche on nous promet d'arriver a la station de Brahmin dans 3 heures. Finalement au bout de 2 heures on nous dit 8 heures de marche et au final on s'arretera apres 12 heures de marche. On ne s'arrete pas au village, trop loin mais dans une hutte abandonee, assez accueillante a ce moment la. Les feuilles de bananier n'etant pas vraiment etanches, on dormira un peu mouilles, pas grave.

Finalement on aura atteint Madang au bout de 35 heures de marche sur 4 jours alors qu'on nous en avait promis une quinzaine sur 2 jours. Nous remercions Samuel qui avait effectivement raison: on s'en souviendra toute notre vie de cette marche. Nous decidons d'annuler la region de la riviere Sepik et on se reposera a Madang 1 semaine. Au cours de celle-ci nous rencontrons a nouveau Falk, notre professeur allemand en biodiversite qui a lui aussi fait le voyage entre Goroka et Madang (mais plus facile apparemment, autres chemins) et qui nous raconte que notre histoire a fait le tour du bush, que notre guide ne connaissait pas la region (son guide confirme). Il nous dit egalement que la region de la Sepik est le coeur d'affrontements tribaux en ce moment et qu'il y a eu un Tsunami. Donc pas de regrets, on fera une plongee en plus.


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A Madang nous restons dans 2 endroits differents. Un premier pour recuperer, un deuxieme pour apprecier. Le deuxieme etait un veritable petit paradisavec snorkeling incroyable. Le plus beau que l'on ait pu faire a present je pense. Six especes de poissons clown, trois poissons lion a 3 m de profondeur devant la maison. Completement ebahis par autant de merveilles sous marines, on ne sait vraiment plus trop a quoi s'attendre pour les prochaines plongees... En fait, on fera des epaves, ca changera et ca donnera un note culturelle a nos plongees. Un avion US et un bateau japonais de la Deuxieme Guerre Mondiale.


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Apres s'etre bien reposes, avoir bien mange et bien recupere, nous partons a Rabaul. Rabaul est l'ancienne capitale de la Nouvelle Guinee mais suite a l'eruption de Tavurvur en 1934 et a l'invasion japonaise quelques annes plus tard la capitale a ete relocalisee a Port Moresby qui est une des villes les plus dangereuses au Monde apres la Nouvelle-Orleans et Caracas (on n'y sera pas restes, courageux mais pas temeraires...). Rabaul restera quand meme la capitale de la Nouvelle Bretagne et de la Province des Iles Papoues jusqu'en 1994 ou la, nouvelle eruption qui ensevelira la ville sous 4-5m de cendres. La capitale de la province se deplacera alors a Kokopo, a 30 km a l'est. Nous restons donc a Kokopo le 1er soir pour prendre nos marques et organiser les prochains jours. La ville est tres sympa avec un musee top (chose rare en Niugini) et un reveillon du 31 vraiment marrant (bal local organise par les missionaires).

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Nous partons donc pour Rabaul le 2e jour avec le matin 2 plongees qui pour Flo aura ete la plus belle de sa vie (j'etais malade donc je l'ai rate celle la). Une myriade de poissons technicolor avec une visibilite a 30m et une eau a 31 degres, vierge de toute empreinte humaine. Sur le chemin pour aller sur les sites, des dauphins, un maquereau et un espadon qui ont jailli hors de l'eau et une quantite de poissons volants, incroyables!!! Arrives a Rabaul, fievre a 39.5, abces au coude, otite externe, donc il faut soigner les plaies accumulees depuis le trek et les nouvelles. Arret a la pharmacie, detersion, soins locaux, aie aie aie, repos, soupe, antibiotiques, gouttes et on verra demain.


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Le lendemain, c'est pas ca mais c'est quand meme mieux, on va donc a Matupit Island qui borde la Sulphur Creek, en face du fameux Tavurvur. Et la, un paysage lunaire, des criques et des lits de riviere noirs, une route defoncee, un aeroprt recouvert, un petit village qui survit et des gentils locaux pour nous amener en bas du volcan. Chacun sur sa barque, l'aller est magique avec des eruptions plus explosives les unes que les autres, du bruit, des cailloux qui flottent, de la fumee. Arrives en bas, on rencontre d'autres locaux qui nous demandent de nous faire discretsetant donnes qui cherchent des oeufs des megapodes, oiseaux noirs qui ressemblent a des gros poulets (on s'attendait a des poulets geants sortis de Jurassik Park et qui nous auraient bouffes, mais non). Bref apres une belle ballade autour du cratere, on rente en barque et a 100 m de l'arrivee, nos accompagnateurs decident de faire la course. Un coup de rame a gauche, a droite, on se fait depasser, non, oui, ouh la chaud, BAAAM, je tombe a l'eau avec le sac a dos ou il y a appareil, iPod & Cie. Flo se marre encore. Sortie de l'eau comme un chat, les meubles sont sauves sauf le portable et un iPod. Tant pis, ca fera de la place pour des souvenirs. L'apres-midi c'est decouverte de la ville recouverte qui fut jadis "la plus belle ville du Pacfique". Quelle atmosphere.... de la poussiere de cendres partout et une boue qui ressemble a des sables mouvants.

Apres une bonne nuit on attaque la montee du Mont Kumbiu qui est la mere de Tavurvur. En fait dans le coin il y a 7 volcans dont 2 en activite. Le port de Rabaul, Simpson Harbor, est en fait un immense cratere volcanique avec pleins de satellites. Nous montons donc les 688m de Kumbiu avec en haut une superbe vue de la Sulphur Creek et de toute la region. De la haut on se rend compte que cette crique c'est un peu comme a Yellowstone avec des degrades de bleu, jaune, orange, marron, fantastique avec Tavurvur en bruit de fond, qu'un seul mot (et ca faisait longtemps...). Chanme!


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Nous rentrons doucement l'apres midi sur Kokopo, soignes, plein les mirettes, contents mais un peu nostalgiques.... C'est deja le dernier soir en Niugini...


Et voila pour ce magnifique pays qui a tenu toutes ses promesses, qui a dementi les divers oui-dires australiens. Nous y retournerons pour un milliard de raisons.


MIPELA LAIKIM TUMAS NIUGINI!!! TENKYU TRU, LUKIM YU BIHAIN!!